Nés de la haine

Description

Depuis que les hommes se font la guerre, les femmes sont un butin pour les armées conquérantes.

Au 20e siècle, que ce soit au Nicaragua, en Corée du Sud, au Rwanda, au Bangladesh ou en Bosnie, le même drame s’est répété inlassablement, les mêmes sanglots ont étouffé les milliers de femmes violées.

Ces femmes ne sont malheureusement pas seules à vivre leur drame : plusieurs entraînent souvent avec elles des enfants nés de ce crime haineux perpétré par des soldats ivres de pouvoir.

Qu’ils aient pour prénom Ryan, Hayling ou Akimana, qu’ils soient blancs, noirs ou métissés, leur histoire est un survol douloureux de la carte des dernières guerres qui ont ravagé notre planète.

Et rien n’indique pour le moment que le nouveau siècle qui s’amorce sera bien différent de celui qui vient de se terminer. Ryan B. Good habite la ville de Waterloo en Ontario. Il a été adopté par un couple canadien alors qu’il n’avait que quelques semaines. Lors d’un voyage dans son pays d’origine, le Bangladesh, il a découvert qu’il était un "enfant de la guerre" et que son père était en fait un soldat pakistanais qui avait violé sa mère.

Âgée de 82 ans, Madame Chung, vit à Pyontaek, en Corée. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, elle a été séquestrée pour servir de "femme de réconfort" dans les bordels mis sur pieds par l’armée Impériale japonaise. Enceinte, elle a donné naissance à un fils, adulte maintenant, qui vient tout juste d’apprendre sa véritable histoire. À 55 ans, c’est un choc insurmontable pour lui..

Savera avait sept enfants. En 1994, lors du génocide au Rwanda, tous ses enfants ainsi que son mari ont été tués. Quelques temps après, elle a découvert qu’elle était enceinte de l’un des interhamwes ("qui attaquent ensemble") qui l’avaient violée à la mairie où elle avait trouvé refuge. Aujourd’hui, Savera élève seule une petite fille de cinq ans nommée Akimana, ce qui signifie "qui vient de Dieu".

En Bosnie, on estime à 20 000 le nombre de femmes qui ont été violées pendant la guerre dans les Balkans. Nusreta est l’une d’entre elles. Nusreta et sa fille ont été violées nuit après nuit dans le camp où elles étaient gardées prisonnières. Lorsqu’elle a réussi à s’échapper, Nusreta a découvert qu’elle portait l’enfant de l’un de ses violeurs et a décidé d’avorter au risque de sa vie.

À 16 ans, Hailing Martines est déjà mère. Elle n’a que de vagues souvenirs de la guerre civile qui a fait rage au Nicaragua pendant plus d’une décennie. Elle sait toutefois que plusieurs femmes ont dû subir les viols répétés des Contras, dont certains vivent aujourd’hui dans le même village qu’elle. Sa mère est l’une de ces femmes. Hailing, fruit d’un viol, croit avoir identifié l’homme qui serait son père. Son père et le violeur de sa mère…

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